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Savoir parler d’un texte lu

Savoir parler d'un texte lu au CP

De l’oral à l’écrit

L’apprentissage de la lecture se fait par la découverte du plaisir des mots entendus à l’oral.

Chaque enfant qui entend une histoire, la comprend et sait la reformuler avec ses propres mots est déjà dans l’acte de lire.

C’est là que l’adulte peut jouer un rôle de passeur culturel en présentant l’objet livre comme une entrée vers l’apprentissage de la lecture.

Il est, en effet, plus facile de faire décoller un vaisseau spatiale sur une planète lointaine par la plume que par le dessin ou encore la vidéo.

L’écrit libère l’imagination. Chaque auteur le sait bien.

L’objectif pour l’enfant va être de savoir parler d’un texte qui lui a été lu.

Il devra être capable de reprendre à son compte les mots spécifiques à l’ouvrage mais aussi l’organiser avec ses propres connecteurs. Le choix des temps et de leur concordance sera également posé à l’enfant qui écoute.

Ecouter un texte, savoir l’apprécier, c’est déjà entrer dans l’apprentissage de la lecture. Pour cela le texte lu devra plaire tel un premier défi.

Des écarts importants entre les pratiques langagières des enfants

Les chercheurs universitaires comme Elisabeth Bautier ou bien Mireille Brigaudiot savent que les usages du langage diffèrent selon les milieux sociaux. En arrivant à l’école maternelle, certains enfants utilisent un langage lié au contexte, dans l’immédiateté de la relation, mais à l’école, il leur est plutôt demandé des mises en mots différées, des explications, des justifications… autant d’utilisations particulières du langage que d’objets à apprendre.

La place des interactions, leur nature vont participer de l’appropriation par les enfants de l’utilisation du langage à l’école. En effet, l’enfant apprend à parler dans les inter-relations.

Dès les premiers mois, c’est dans la relation avec sa mère que le bébé construit une activité symbolique comme l’interprétation donnée aux pleurs ou bien à ses désirs.

Avec l’affirmation de soi et les débuts de la propreté, le langage s’accompagne d’une activité cognitive importante.

C’est dans les expériences sociales avec son entourage, à partir des routines et des rituels, que l’enfant va construire la forme lexicale conventionnelle comme la lecture du soir faite par l’un des parents.

Il y a d’ailleurs une relation entre l’étendue du répertoire lexical et les compétences à catégoriser chez l’enfant de 4 à 6 ans.

La langue est plus qu’un outil de communication, c’est un objet d’étude

Il s’agit ainsi pour l’enfant non seulement de communiquer mais aussi de pouvoir s’approprier la langue et le langage de l’école comme ses usages et son fonctionnement.

Dans ce milieu qu’est l’école, l’élève doit se construire un nouveau rapport au langage souvent différent de celui de la famille.

Le langage est donc un objet à apprendre et objet pour apprendre. Cela se traduit par exemple par une attention particulière portée sur l’objet langue avec le souci de l’apprentissage par les élèves du vocabulaire choisi, de la phrase bien tournée, complète…

Les usages les plus fréquents de la part de l’enfant sont ceux du dire et de répondre : pratiques langagières pragmatiques.

L’objectif de savoir parler d’un texte lu est donc d’utiliser le langage dans un autre rapport, en particulier pour apprendre ou pour parler sur la langue (entrée métacognitive) à partir de ce que l’on a entendu, c’est-à-dire pour mettre en mots une pensée qui s’élabore, dans des manières de dire son cheminement, dans ses références au dénouement de l’histoire, dans l’explication de l’intrigue, dans l’organisation des arguments proposés pour dire si j’aime ou non… donc, de travailler de manière explicite la nature des pratiques langagières scolaires.

En fait, parler c’est apprendre. Le langage est un mode de penser qui permet de comprendre le monde qui nous entoure. Nommer des objets et répéter ce que dit l’enseignant, nommer et désigner des images sont autant d’activités qui renforcent le malentendu sur leur finalité : s’agit-il de deviner pour désigner, de reconnaître en caractérisant pour pouvoir apprendre le nom de l’animal, d’apprendre un mot ? Quel est l’objectif langagier poursuivi ?

Ainsi, travailler la langue et le langage, c’est permettre aux élèves de mettre en relation les indices qu’ils relèvent en écoutant le texte lu et de confronter avec les autres leurs manières de dire, en explicitant. C’est ici le gros point fort de l’école, la présence des autres camarades pour croiser les regards et confronter leur point de vue.

On pourra demander à l’enfant après un texte lu de lui demander de donner un titre, de proposer une suite, de préciser les personnages présents dans l’histoire ou bien encore de résumer ce qu’il en a compris. Autant d’actions qui permettent de construire un rapport à la langue et donc à la lecture.