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La lecture et l’orthographe

Lecture et orthographe au CP

L’orthographe pose le problème de l’articulation générale entre la lecture et l’écriture mais de manière encore plus accrue pour l’enfant lors de la production écrits. En effet, quand un jeune élève lit, il est rare que le texte fourni contienne volontairement des erreurs orthographiques. Les apprenants de cours préparatoire sont conduits à écrire en respectant les correspondances entre lettres et sons et cela s’apprend. On sait que dès le cours préparatoire, les élèves s’entraînent à déchiffrer et à écrire seuls des mots déjà connus par exemple. Mais cette difficulté se retrouve également en lecture quand un enfant n’a pas compris comment sonoriser certaines lettres comme le terme ‘Jean’ > pantalon et ‘Jean’ le prénom français.

De plus, il existe des règles relatives à la valeur des lettres comme le –s, le –c ou encore le –g qui changent de sonorité en fonction des lettres qui les avoisinent.

Réussir à copier sans erreur un texte court ou des mots mémorisés restent donc difficiles pour tous les jeunes élèves de cours préparatoire.

En relation avec leurs premières connaissances en grammaire, les enfants s’entraînent à orthographier convenablement des formes conjuguées, à respecter l’accord entre le sujet et le verbe ainsi que les accords en genre et en nombre dans le groupe nominal.

L’orthographe aide à mieux lire après apprentissage

La difficulté réside dans le fait que l’enfant doit penser à respecter une multitude de règles simultanément, ce qui est coûteux en charge cognitive.

En fait, au cours préparatoire comme au cours élémentaire première année, l’attention à l’orthographe se développe progressivement chez les élèves jusqu’à l’étape où ils auront les moyens de la contrôler eux-mêmes.

L’objectif de l’école élémentaire est bien sûr de conduire tous les élèves à une orthographe phonétique sûre, à la capacité de marquer l’accord entre le sujet et le verbe dans toutes les situations régulières, au contrôle des accords du genre et du nombre dans le groupe nominal dans la proximité du déterminant.

Mais la forme orthographique des mots les plus fréquents, mêmes irréguliers, doit être aussi acquise comme c’est le cas pour les petits mots outils.

Ces compétences sont relativement différentes et supposent des situations d’apprentissage spécifiques que la dictée ne peut pas tout régler.

L’orthographe lexicale

En ce qui concerne l’orthographe lexicale, il faut distinguer nettement la capacité de copier sans erreur un mot et la capacité d’écrire sans aide un mot dont on n’est pas encore sûr d’avoir tout à fait fixé sa forme orthographique.

En situation de production de textes, il est décisif que l’élève de cours préparatoire puisse choisir entre les deux procédures et s’appuyer soit sur ses acquis définitifs, soit sur un répertoire.

Il faut, en quelque sorte, le conduire à avoir une conscience claire de ce qu’il ne sait pas. Bref, d’avoir une approche décentrée et objective de sa façon d’apprendre et des ses propres connaissances.

Il est tout aussi important que l’enfant se pose des problèmes d’orthographe et qu’il y réfléchisse à haute voix que d’écrire. C’est là que les interactions avec des adultes bienveillants, parents, enseignants, sont dans ce cas primordiales.

Elles doivent exiger de la rigueur dans l’analyse phonologique du mot et permettre à chaque enfant de se constituer ses premiers repères et ses premières règles de choix entre les différentes écritures possibles d’un même son.

Le travail effectué sur la construction des mots et de ses procédés de dérivations doit être réutilisé dès les premiers exercices d’écriture par exemple pour retrouver des lettres muettes.

L’orthographe grammaticale

En ce qui concerne l’orthographe dite grammaticale, la difficulté réside moins dans la mémorisation des règles que la sollicitation et le maintien de l’attention.

Il est par exemple important que l’enfant repère rapidement que l’apparition d’un mot comme « les » ou « des » dans l’énoncé va immédiatement conduire à un examen attentif des mots qui suivent dans le texte. Les différentes signaux susceptibles de déclencher des accords doivent être repérés, faire l’objet d’une explicitation de la part des parents et d’affichages muraux spécifiques dans la classe et sans cesse révisés.

Dans tous les cas, trouver ou retrouver le plaisir d’apprendre constitue également l’un des enjeux de l’école républicaine. La réussite ne peut résulter d’un acharnement qui consisterait en la répétition des mêmes exercices confondant Education et Dressage que cela soit en orthographe ou en grammaire.

C’est également cette nécessité de susciter le plaisir d’apprendre de l’enfant entrant au cours préparatoire que l’on retrouve dans l’acte même de lire. Plus on sait lire, plus on a envie de lire et d’apprendre de nouvelles choses. C’est un cercle vertueux.