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Apprendre à lire avec les logiciels « généralistes »

Le grand incontournable est évidemment le traitement de texte. Quel bonheur pour un élève de CP dont la graphie est encore mal assurée, que de pouvoir taper ses lettres sur un clavier et obtenir un résultat graphiquement parfait.

Ne nous méprenons pas, il ne s’agit absolument pas de dire que le clavier rend inutile la maitrise de l’écriture manuscrite. Maitriser l’écriture manuscrite reste un objectif incontournable de l’école et particulièrement de la classe de CP.

Simplement, savoir calligraphier n’est pas savoir écrire. Former correctement ses lettres doit bien sûr être travaillé de façon à ce que l’élève de CP arrive à une bonne maîtrise du geste scripteur. Mais est-il vraiment logique qu’il faille attendre cette maîtrise manipulatoire pour produire de l’écrit c’est à dire produire du sens ?
Et quid des élèves porteurs de handicap qui n’auront jamais la maitrise gestuelle nécessaire ?… Sont-ils condamnés à ne jamais produire d’écrits ?

Tout comme savoir lire ne doit pas être confondu avec savoir déchiffrer (lire est aussi, voire même avant tout, comprendre), savoir écrire ne doit pas être confondu avec savoir calligraphier (écrire est avant tout transmettre un message).
De part son extraordinaire souplesse, le traitement de texte présente un avantage considérable pour l’élève de CP :
Il permet d’oser écrire. On peut se tromper, corriger, recommencer de multiples fois. Plus de pages raturées, surchargées de correcteur ou tellement gommées qu’il n’en reste qu’un trou. Plus de textes que seul l’enseignant et les parents arrivent péniblement à déchiffrer.
Comment motiver l’apprenti lecteur à écrire par exemple une petite histoire, quand le résultat sera pratiquement illisible ?…
Avec le traitement de texte, le résultat sera parfait, valorisant, lisible par un tiers
L’élève qui maitrise mal le geste scripteur (qui forme mal ses lettres) pourra donc tout de même écrire les mots demandés, produire un texte, raconter son histoire, etc.

Le traitement de texte permet une approche ludique de l’écrit. Dédramatisée parce que sans conséquence, l’erreur disparaît au profit d’un jeu où l’élève manipules et déplace lettres et mots. LA réflexion prend la place de la difficulté manipulatoire.

La encore, tout n’est pas positif et il convient de veiller à éviter certains écueils :

  • La lecture à l’écran n’est pas toujours aussi aisée que la lecture sur un support papier. Cela peut gêner certains élèves.
  • L’utilisation d’un traitement de texte, si elle est relativement aisée pour les fonctions de base, n’en demande pas moins un apprentissage spécifique. Les élèves sont excessivement rapides pour acquérir les bases nécessaires, il faut tout de même au moins 2 à 3 séances avant que l’outil soit suffisamment maîtrisé.
  • Le traitement de texte ne permet évidemment pas la maîtrise du geste scripteur (par contre il est à noter que la manipulation de la souris notamment permet d’améliorer la motricité fine des élèves).

Comme nous l’avons dit plus hauit, cette maîtrise est évidemment un desobjectifs de la classe de CP. Simplement, il convient à certains moment de la dissocier du savoir lire/écrire (produire un texte n’est pas savoir calligraphier).
Attention à la forme des lettres qui est différente entre le clavier et l’affichage à l’écran. Cela est particulièrement problématique lorsque l’élève effectue un travail de recopie d’un texte manuscrit sur un traitement de texte. Il sera alors confronté à trois graphies différentes pour certaines lettres.

Pour le « F » par exemple il aura « f » (mettre cette lettre avec une police cursive) sur son cahier « F » sur le clavier et cela donnera « f » à l’écran,,. Pas toujours facile de s’y retrouver pour notre apprentis lecteur ! Il peut être utile de lui donner un petit tableau de correspondance dans lequel on aura associé les 3 graphies des 26 lettres de l’alphabet.

Certains traitement de texte sont inutilement complexes et riches en fonctions pour un enfant qui, pour le moment en tout cas, n’a besoin que de se familiariser avec l’écrit. Le risque est alors grand, au mieux qu’il perde du temps à un travail de mise en forme pour l’instant inutile, au pire qu’il se retrouve perdu dans les méandres des menus du logiciels. Il est donc souvent bien plus pertinent de privilégier des traitement de texte basiques (Word pad ou même le bloc note sous MS Windows, TextEdit sous Mac OS),

Le traitement de texte est donc un formidable outil pour l’apprenti lecteur. Il permet une manipulation fluide et ludique des lettres et des mots.
Une fonction doit cependant retenir tout l’attention des parents, c’est le correcteur orthographique. Nous l’aborderons dans un prochain article.