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Les accents et autres signes graphiques

Les accents et autres signes graphiques au CP

Les accents colorent la lettre qui le porte avec un nouveau son

Les signes « auxiliaires » comme les accents ont pour fonction principale de préciser le son que représentent certaines lettres : c’est le cas des accents, du tréma et de la cédille. A l’encontre, l’apostrophe représente l’absence de son.

Certains accents servent donc de signes diacritiques, c’est-à-dire qu’ils permettent de distinguer des mots écrits de la même manière (homographes) mais ayant un sens différent.

Le trait d’union est également un signe auxiliaire que les enfants peuvent rencontrer dans leur lecteur, il marque soit des unités lexicales (un sous-main) soit syntaxiques (Où vas-tu ?).

Rappel historique : il est important de savoir que les signes auxiliaires étaient pour ainsi dire absents dans les manuscrits du Moyen-âge. C’est avec l’imprimerie, à l’époque de la Renaissance, qu’ils ont commencé à être utilisés de manière régulière. Ils furent souvent empruntés au grec. Cette information peut être communiquée aux enfants pour dédramatiser tout oubli d’un accent en lecture dans un texte car c’est une invention récente.

Enfin, les accents ainsi que la cédille, se mettent aussi aux majuscules et aux capitales.

 

L’accent aigu et l’accent grave

L’accent aigu et l’accent grave se mettent principalement sur la lettre ‘e’ pour indiquer la prononciation : ‘é / è’ différenciant des mots comme ‘des prés’ ou ‘près’. Il n’y a que très peu de mots dans la langue française qui ont des accents dans les mots les plus usités. Toutefois, les mots les plus courants qui comprennent un accent sont les suivants :

  • être (verbe)
  • à (préposition)
  • où (pronom)
  • là (adverbe)
  • même (adjectif)
  • jeune (adjectif)
  • jeûne (il jeûne > verbe)
  • très (adverbe)
  • répondre (verbe)
  • tête (substantif)
  • père (substantif)
  • déjà (adverbe)
  • frère (substantif)
  • âme (substantif)
  • côté (substantif)

 

Certains accents ne jouent donc en rien sur la sonorité à proprement parlée du mot mais ils influent tout de même sur leur sens à cause de leur changement de classe grammaticale. C’est le cas par exemple pour : a et à, la et , ou et et dans une moindre mesure pour jeune (nom commun) et il jeûne (verbe jeûner).

 

L’accent circonflexe

L’accent circonflexe se met sur les voyelles a, e, i, o, u. C’est une des grosses difficultés de l’orthographe française, parce qu’il a surtout une justification historique, d’ailleurs complexe et capricieuse. Il permet de distinguer des mots comme Bohême et bohème (nom propre, nom commun), châsse et chasse (reliquaire et action de chasser), côte et cote (os, pente et cotisation, valeur), de du (participe passé de devoir et article contracté) ou bien encore jeûne de jeune (action de jeûner et être de jeune âge).

Conseil : l’enfant devra surtout connaître les différences suivantes : pêcher/pécher (aller à la pêche et commettre une faute), mûr/mur (adjectif et nom), sûr/sur (certain et proposition), tâche/tache (travail et marque, souillure) car ce sont les mots les plus fréquents.

Le tréma

Le tréma se met sur les voyelles e, i, u, le plus souvent pour indiquer qu’on n’a pas affaire à un digramme. Cela permet donc de les dissocier au niveau de leur prononciation comme Maïs à comparer à Mais, Saül à comparer à Saul, Héroïsme à comparer à Roi ou bien encore, Coïncidence à comparer à Coin.

La cédille et l’apostrophe

 La cédille se place sous la lettre ‘c’ devant a, o, u, pour indiquer que ‘c’ doit être prononcé [s] : perçu, leçon, avança, gerçure. La lettre ‘c’ ainsi pourvue s’appelle un ‘c’ cédille.

 

Remarque : il ne faut jamais de cédille devant e et i comme dans le terme : merci.

En ce qui concerne l’apostrophe, sorte de virgule située en hauteur d’une lettre, elle sert à marquer l’élision, c’est-à-dire qu’elle remplace la voyelle amuïe devant une autre voyelle.

On dit par exemple ‘Le mari’, mais : ‘L’époux’ ; ‘Il me bat’, mais : ‘Il m’a battu’ ; ‘La femme’, mais : ‘L’aimable femme’ ; ‘Si tu viens’, mais : ‘S’il vient’. L’enfant devra faire comme si l’apostrophe n’existait pas et fusionner la lettre écrite avant l’apostrophe avec le mot qui suit.

A savoir : certains auteurs utilisent parfois l’apostrophe afin de rendre le langage populaire (ou jugé tel) : « Mais j’vais me revenger. » (Genet), « D’puis qu’elle est en cloque. » (Renaud).

Remarque : selon le bon usage typographique, on ne termine pas une ligne sur une apostrophe : ‘Un défaut / d’attention’, et non ‘Un défaut d’/attention.’

 


Le trait d’union

Certains mots composés ont un trait d’union, d’autres, non.

Le trait d’union sert surtout à indiquer au lecteur le sens qu’il doit porter aux mots lus. Par exemple, « Je suis venu hier après-midi » signifie que je suis arrivé dans l’après-midi alors que « Je suis venu hier après midi » indique que je suis venu juste après le déjeuner du midi. Si la substitution de l’unité lexicale « après-midi » en « matin » n’est pas possible, le trait d’union a alors moins de justification. Il en va de même pour « Il peut être… » et « Il pourra venir peut-être… ». Le trait d’union apporte donc une modification de sens aux mots reliés.

Conseil : l’enfant devra donc lire les mots qui contiennent un trait d’union normalement, car le trait d’union est muet. Toutefois, il devra à plus ou moins long terme, les penser comme un tout au niveau de leur signification : un chef-lieu, un timbre-poste, nouveau-né, quatre-vingts, deux-cents (dorénavant possible d’écrire ainsi) ou bien encore, deux-mille.

Pour aller plus loin à propos du trait d’union

L’apprenti-lecteur découvrira également le trait d’union entre le verbe et les pronoms conjoints qui le suivent et qui forment avec lui un seul groupe phonétique :

 

« Dit-il. Dit-on. Est-ce vrai ? Peut-être irai-je le voir ? »

 

Ces exemples se retrouvent principalement dans les phrases interrogatives et impératives.

Le trait d’union sert aussi à marquer la coordination sans pause comme dans les exemples qui suivent :

 

« Le nord-est. Un enfant sourd-muet. Une porte-fenêtre. Les années 1973-1975.

 

Enfin, le trait d’union se retrouve principalement entre deux adjectifs de couleur désignant une teinte qui participe aux deux couleurs :

« Gris-brun, vert-doré, gris-blond, gris-jaune, gris-bleu ».

 

 

Ce qu’il faut retenir au niveau des accents principaux…

Les enfants de cours préparatoire devront surtout bien faire la différence entre le é et le è, ê au niveau de leur prononciation.

Ils devront également savoir qu’un certain nombre de signes sont muets lorsqu’on les lit comme les traits d’union et les apostrophes. Par contre, la cédille et le tréma colorent la sonorité de la lettre concernée.

 

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